Auteur et contexte

Jean de la Fontaine (1621 – 1695)

La Fontaine vit et publie sous le règne de Louis XIV. Il est le protégé du surintendant des finances Nicolas Fouquet, jusquà son arrestation en 1661 pour avoir un trop beau château (Vaux-le-Vicomte)…

Les fables sont d’abord adressées au Dauphin (prince) avec une fonction pédagogique: « instruire et plaire », puis au duc de Bourgogne, petit-fils de Louis XIV.

La Fontaine ne fait pas vraiment partie de la cour, mais la fréquente et la connaît très bien. Il vit du mécénat (Fouquet, puis la duchesse de Bouillon, Mme de la Sablière, qui tiennent salon), mais ne dépend pas directement du roi, ce qui lui laisse une certaine liberté.

Il est connu et reconnu à son époque, y compris par Louis XIV. Il est élu à l’Académie Française. Il écrit aussi des contes.

Ses fables reflètent aussi l’idéal de l’honnête homme cher au classicisme… « honnête » au sens classique: celui qui sait se tenir, a le sens de la mesure, fait attention aux autres, modeste, discret, bienveillant et respectueux, mais aussi poli et cultivé, maîtrisant l’art de la conversation…

Une fable (comme un conte), est un apologue: court récit à visée didactique, c’est-à-dire une petite histoire dont on tire une leçon. C’est de l’argumentation indirecte: ça montre quelque chose, sans utiliser d’arguments ou de procédés argumentatifs, mais en passant par une histoire qui sert d’exemple.

La Fontaine et la réécriture

Dans la querelle des Anciens et des Modernes (qui oppose ceux qui veulent copier l’antiquité, et ceux qui veulent faire du nouveau), La Fontaine est un Ancien, comme Racine.

Il revendique sa réécriture: la plupart de ses fables sont des réécritures de fables antiques, mais ce ne sont pas de simples traductions. Il les transforme et affirme dans sa préface: « mon imitation n’est point un esclavage ».

2 sources principales: ESOPE et PHEDRE, qui lui-même réécrit Esope (aucun rapport avec l’héroïne de Racine!!)

  • ESOPE: écrivain grec, VIe s. avant JC. Inventeur de la fable comme genre littéraire. On lui connaît environ 127 fables, en prose, sans recherche littéraire particulière. Dans sa préface, La Fontaine le décrit comme « difforme, laid de visage, ayant à peine figure humaine ».
  • PHEDRE: écrivain latin, 15 avant JC, 70 après JC. Esclave à Rome, il copie Esope et écrit 135 « ésopiques », fables en vers, mais seulement 47 sont vraiment copiées, sinon il écrit à la manière d’Esope.