Construction du recueil

Guillaume Apollinaire, Alcools

Alcools est publié en 1913, mais certains poèmes sont beaucoup plus anciens. Il les a intégrés en supprimant la ponctuation.

Structure du recueil

Apollinaire essaie d’alterner des poèmes longs et courts, réguliers et irréguliers. Il insère au milieu la série des « Rhénanes » (poèmes écrits en Allemagne).

Apollinaire aime les ruptures de ton (voir la « Réponse des cosaques zaporogues au sultan de Constantinople », tirée d’un manuscrit médiéval), les jeux de mots…

Le recueil est à la fois moderne aussi bien dans la forme (vers libres, collages par exemple pour « La maison des morts », qui était à l’origine une petite nouvelle en prose, redécoupée et collée en vers), que dans les thèmes (ville, modernité…); et à la fois traditionnel (rimes, vers réguliers (quintils d’octosyllabes ou alexandrins par exemple), thème de l’amour malheureux…).

Attention, certains poèmes sont en plusieurs parties: « A la Santé », « La Chanson du Mal-Aimé »: p. 17 à 32 (Gallimard). C’est le même poème, avec des strophes qui reviennent plusieurs fois comme des refrains.

Apollinaire a une influence symboliste (mouvement qui repose sur des images obscures, volontairement difficiles à comprendre). C’est visible surtout dans certains poèmes (« Lul de Faltenin », très obscur, sur lequel les spécialistes s’interrogent encore!), ou à son goût pour les mots savants, qu’il utilise en peu partout dans ses poèmes.

En 1913, Apollinaire rédige « Zone », qu’il place en premier, comme un manifeste poétique (les premiers vers disent sa volonté de faire de la poésie moderne), et aussi « Chantre », poème d’un seul vers (qu’il appelait son « vers solitaire »…), mais qui est quand même un alexandrin régulier.

L’unité du recueil vient surtout des thèmes qui reviennent partout:

  • L’amour malheureux, et les femmes trompeuses ou infidèles, le mensonge (image du masque dans « Marie », « Cor de Chasse »)
  • Le temps qui passe, l’image de l’eau qui coule (« Le Pont Mirabeau »)
  • L’identification à Orphée, figure du poète qui chante son désespoir amoureux
  • L’automne, saison triste (chère aux symbolistes), et les feuilles qu’il associe à des « mains coupées », c’est-à-dire les promesses mortes et qu’on foule aux pieds (« Marie », « Rhénane d’automne », « Signe »)…