Les Lumières

Le siècle des Lumières

Le XVIIIe siècle est appelé Siècle des Lumières, en raison du mouvement littéraire et culturel des philosophes des Lumières.

On parle de Lumières par opposition à l’obscurantisme, c’est-à-dire le refus de la réflexion: la vérité est dans la Bible, il n’y a pas à discuter.

Les philosophes des Lumières veulent réexaminer les certitudes à la lumière de la raison.

C’est une démarche dangereuse: attaquer le pouvoir religieux, c’est attaquer l’Etat (la séparation de l’Eglise et de l’Etat n’aura lieu qu’en 1905). Tous séjournent en prison.

C’est pour cette raison que le roman des Lettres persanes est publié anonymement à Amsterdam, en 1721.

L‘Encyclopédie de Diderot et D’Alembert est aussi censurée, et la plupart des tomes seront publiés clandestinement.

Les principaux philosophes des Lumières:

  • Voltaire: auteur de contes philosophiques comme Candide, ou L’Ingénu s’engage contre des erreurs judiciaires (l’affaire Calas).
  • Diderot: matérialiste, anti-colonialiste, il fonde L’Encyclopédie avec D’Alembert.
  • Rousseau: mythe du bon sauvage, il pense que l’homme est bon par nature, et que la société l’a perverti, avec l’idée de propriété.

Les principales idées des philosophes des Lumières:

  • La lutte contre l’obscurantisme religieux: ils veulent remettre en question les certitudes, faire réfléchir.
  • L’intérêt universel: ils s’intéressent à tout (mathématiques, physique, géographie, découvertes, astronomie, médecine, littérature, philosophie…, mais aussi agriculture, artisanat, etc…). C’est dans le but de réunir tous les savoirs qu’est fondée L’Encyclopédie. Mais elle est saisie et interdite dès le tome I (l’article « âme » écrit par Diderot, matérialiste pour qui ce qui n’est pas matière n’existe pas, ne plaît pas…). La suite sera publiée clandestinement.
  • La tolérance et le respect des peuples, notamment des peuples nouveaux découverts, auxquels on veut imposer notre religion (Tahiti, Lapons, peuples africains…)
  • La lutte sociale: contre le pouvoir absolu, les lois injustes, les inégalités, l’esclavage, les traitements indignes des valets notamment, l’usage de la torture (mais ils ne sont pas contre la peine de mort, c’est trop tôt!), les erreurs judiciaires et les abus de pouvoir.

Voltaire, L’Ingénu (1767)

C’est un conte philosophique, c’est-à-dire un apologue: court récit à visée didactique; histoire qui sert de support à une morale. Donc l’histoire est seulement un prétexte pour expliquer une idée, exactement comme dans une fable.

Il s’agit de montrer les Européens, vus par un huron, c’est le principe du regard éloigné, ou regard étranger. Ainsi il nous regarde avec un oeil neuf, naïf, « ingénu », ce qui met en évidence nos défauts, ou les choses qui nous paraissent normales mais ne le sont pas.

Le regard éloigné permet aussi le relativisme: nos moeurs et notre religion ne sont pas universelles, ni supérieures, tout dépend de l’endroit où on est.

C’est une argumentation indirecte (sans argument, qui passe par le récit).

Au XVIIIe siècle, d’autres philosophes des Lumières utilisent le même procédé du regard éloigné:

  • Voltaire: Candide (nous, vus par un innocent), Micromégas (par un géant venu d’une autre planète)
  • Diderot, Supplément au Voyage de Bougainville (par un Tahitien)
  • Montesquieu, Lettres persanes (par deux persans)